Cette semaine a été la semaine des rencontres. Entre échanges sur le bord de la route avec un anglais qui traverse le Canada en trotinette et les verres de whisky, ça fait du bien de discuter un peu !

 

Jour 41 : Winnipeg => Elma - 93 km

 

Après le repos, le boulot. Comme les jours précédents, je pars sur une demi douzaine de pancakes pour faire le plein avant de partir en direction de l'ouest. C'est toujours dur de repartir après des jours de repos, je m'habitue vite au confort du lit, de prendre une douche facilement, etc. Mais je ne vais pas rester indéfiniment à Winnipeg. 

10h, heure du départ. Mon vélo est chargé, comme neuf, et c'est parti pour les premiers coups de pédales. Ma béquille fait encore des siennes et m'oblige à m'arrêter 200 mètres plus loin. Je trouve une technique pour qu'elle arrête de taper contre mon pédalier. On verra bien combien de temps ça va durer. 

Les premiers kilomètres ne sont pas les plus agréables, entre les voitures et les feux rouges. Et ce n'est pas toujours très facile à suivre le bon itinéraire. Mais j'ai réussi. Maintenant ce n'est que de la ligne droite pendant près de 70 km. 

Pause déjeuner dans les traditionnelles stations essence à mi chemin et on continue. La route est agréable, pas beaucoup de passage et encore moins de camions. Je décide de faire voler mon drône pour avoir un beau plan de moi faisant du vélo. Je suis content d'avoir pu le faire ! 

J'arrive à Elma assez tôt mais il n'y a pas de camping à première vue. Je vois quelques tables et des toilettes de chantier et pas d'indications concernant le camping. Ça pourrait être parfait ici. Dans le doute, je préfère demander aux voisins si je peux. Ils valident et me disent que je peux venir boire un verre après. Volontiers ! 

Je monte ma tente, mange mon plat lyophilisé et je m'en vais rejoindre Karen et John, les propriétaires du jardin où je campe plus ou moins. 

C'est l'une des meilleures soirées que j'ai passé depuis le début de mon périple. Nous avons parlé ensemble pendant de nombreuses heures autour de trois/quatre verres de whisky. Tout ce qu'il faut quoi ! 

John, Karen et leur Morgan

Jour 42 : Elma => Clearwater Bay : 101 km

 

Je retourne voir John et Karen pour prendre le petit déjeuner. John me le prépare comme au restaurant, avec du bacon, une omelette, des pommes de terre et des toasts. Tout ce dont j'ai besoin pour attaquer la nouvelle journée. Je décide de prendre une route un peu plus longue mais beaucoup plus calme que la Transcanadienne.

Sans le vouloir, je me retrouve dans un parc canadien, avec peu de circulation et surtout pas de camions. La route n'est pas forcément en bon état mais qu'est ce que c'est agréable de pouvoir entendre le bruit des oiseaux couplé au bruit de mes roues tournant sur le bitume. Pas un seul bruit de moteur.

En plus le parc englobe un bon nombre de petis lacs, tous aussi jolis les uns que les autres.

Lacs dans le parc Whiteshell

Je retrouve pour les derniers kilomètres la route Transcanadienne et je passe dans l'Ontario, avant dernière région avant le Québec !

 

Jour 43 : Clearwater Bay => Vermilion Bay : 124 km

 

Je suis passé en Ontario mais je n'ai toujours pas changé d'heure et je suis toujours à l'heure de Winnipeg (Manitoba) et pas à l'heure de Thunder Bay (Ontario). Je ne comprends pas vraiment mais c'est pas grave de toute façon, j'avance à mon rythme.

La Transcanadienne en Ontario ne prévoit pas de bandes d'arrêt d'urgence, ça redevient plus compliqué pour faire du vélo mais ça va j'avance bien. Aujourd'hui, c'est une grosse étape en prévision mais je prends le temps de faire voler mon drône pour avoir une autre vue des lacs qui longent la route.

J'arrive au camping de Vermilion Bay mais aucun gérant n'est présent. Comme d'habitude, je m'installe en me disant que je verrais bien le moment venu. 

Le voilà ! Il m'annonce un prix de 42 dollars, sans eau, sans électricité et sans pouvoir prendre de douche. C'est hors de prix comparé au 25 dollars de la veille alors que j'avais l'ensemble des services. On remballe, quand même bien énervé par ce prix exhorbitant. Je dormirai en motel, quitte à payer plus cher, mais au moins pouvoir prendre une douche après une journée comme je viens de faire. 

Pour me réconforter, je vais prendre un burger dans le restaurant du coin, qui est succulent. Ils y mettent du pulled pork, un steak,du bacon et du cheddar. Pas très diététique mais vachement bon !

Drone sur un des lacs de l'Ontario

Jour 44 : Vermilion Bay => Camping sauvage - 106 km

 

Je pars ce matin sans vraiment savoir où je vais dormir. Les prochains campings sont soit trop près soit trop loin par rapport aux 100 km que j'ai prévu de faire. Dans le doute je charge mon camel bag d'eau pour avoir un stock d'eau pour faire à manger et prendre une douche. 

Sur la route, je vois au loin une silhouette avec des sacoches. Enfin une personne qui fait un périple comme moi. Plus je me rapproche, plus je trouve son vélo petit. En réalité, cette personne fait un périple de Halifax - Vancouver en trotinette. Je trouve mon projet extraordinaire mais alors le sien l'est encore plus. Faire plus de 6000 km à la force des jambes en poussant c'est vraiment fou.

J'arrive à Dryden pour prendre le déjeuner, et ma performance de ce matin met fin à tout espoir de rejoindre la prochaine ville, à plus de 70 km de Dryden. 

Je continue ma route, toujours autour des lacs, et je vois un léger renfoncement qui me semble parfait pour accueillir ma tente pour la nuit.

Camping sauvage

Je m'installe, je prends ma douche avec l'aide de mon camel bag et dans le doute, je mets mon sac de provisions en hauteur, à l'abri des ours. Je suis prêt à dormir en camping sauvage !

 

Jour 45 : Camping sauvage => English River - 

 

Le nuit fut très bonne, et je n'ai pas été dérangé par un ours donc tout va bien. Je prends le petit déjeuner calmement, tout en me faisant attaquer par une horde de moucherons et une armada de moustiques. 

Je m'en vais pour la ville d'English River dans l'espoir d'y trouver un camping avec une douche..

Je m'arrête dans la ville d'Ignace pour prendre mon déjeuner. Beaucoup de gens viennent me demander où je vais, d'où je viens et s'intéressent à mon projet. C'est agréable et encourageant quand ils te disent que c'est super comme projet, qu'ils me souhaitent bonne chance, etc. 

Je continue mon petit bout de chemin et j'arrive à English river.

English River

La rivière est vraiment belle et le camping borde la rivière. Enfin ce n'est pas réellement un camping, ce sont des lodges et ils ont aménagé quelques tables de campings pour accueillir des campeurs comme moi. Je suis seul d'ailleurs ce soir.

Et il n'y a malheureusement pas de douche, mais la gérante me permet de remplir mon camel bag d'eau chaude pour que la douche soit un petit peu plus agréable. J'en profite également pour faire une petite lessive puis je me réfugie dans ma tente à l' abri des moucherons et moustiques.

Jour 46 : English River => Shabaqua -

C'est bien les campings à côté de la Transcanadienne, mais on ne dort jamais vraiment bien avec le bruit des voitures et des camions qui passent toute la nuit. Heureusement que je suis loin du train sinon je n'aurais pas dormi de la nuit. 

J'ai une grosse étape aujourd'hui et toujours pas de camping en vue à ma destination. Je verrais comment faire le moment venu. Chaque chose en son temps. 

Je vais prendre mon petit déjeuner au restaurant du camping, 3 pancakes au sirop d'érable, et je m'en vais vers l'est. 

Le temps est beau mais quand même bien menaçant. En arrivant à la ville d'Upsala, je rencontre un étrange camping car paré de noir et de bleu avec une écriture Jimmy Pelletier 2019. C'est une personne paraplégique qui traverse le Canada de Vancouver à Halifax à la force de ses bras. La trotinette m'en avait parlé le soir où j'ai fait du camping sauvage, qu'il y avait une équipe de cyclistes qui me suivait et que j'allais bientôt les rencontrer. Voilà c'est à Upsala, mais malheureusement Jimmy Pelletier n'est pas encore arrivé. Je parle tout de même avec les conducteurs du camping car et je me rends compte que çà doit être vraiment compliqué de faire toute la chaîne des Rocheuses à la force des bras. 

 

Bus de Jimmy Pelletier

Je continue mon chemin à travers les collines de l'Ontario et j'arrive presque à la ville de Shabaqua, je n'ai plus aucune force.

Vue sur l'Ontario

Les vingt derniers kilomètres me paraissent une éternité et je lutte pour finir mon étape. Je vais prendre un motel pour la nuit, c'est le deuxième de la semaine, ça m'embête mais je n'ai pas le courage de faire du camping sauvage ce soir. 

Jour 47 : Shabaqua - Thunder Bay

 

Heureusement que je n'ai pas dormi en camping sauvage, il a plu toute la nuit et c'est le bruit de l'eau dans les gouttières qui me réveille. 

J'attends patiemment dans ma chambre que le déluge s'arrête ou du moins se calme. 

11 heures, je pars en direction de Thunder Bay. Petite étape aujourd'hui, comparée aux journées précédentes. En arrivant sur Thunder Bay, je me prends une averse qui me frigorifie et qui me fait espérer une douche bien chaude.

Sur la route de Thunder Bay

En attendant, je mange dans un nouveau Fast Food, Wendy's, histoire de me réchauffer. Il est vraiment bon. Je trouve en règle générale, les fast food meilleurs ici qu'en France. Les burgers sont mieux préparés et avec plus de goût. 

J'arrive pile pour l'heure du check in à l'auberge de jeunesse. Elle est vraiment sympa, bien décorée et tu t'y sens comme chez toi. Ça me fait du bien et ça me réconforte. Je me douche rapidement et direction le MASSAGE. Depuis le temps que je l'attendais, sur mes épaules et les cuisses. Je pars sur un massage thaï, fait par une thaïlandaise. Ça fait mal, très mal mais c'est vraiment nécessaire. Elle me dit que mon cou est bloqué de partout. 

Une heure de massage ce n'était limite pas suffisant mais je suis lessivé. Je vais faire quelques courses pour mon dîner et voilà une nouvelle semaine de terminée. 

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