Durant la première semaine, j'ai connu des bons moments, des difficiles, fait de belles rencontres, etc… La deuxième semaine est du même calibre. 

 

Jour 8 : Merritt => Knutsford - 69 km

Sur ce coup-là encore, je décide d'écouter Chris (le gars du lodge après ma journée en enfer) et je prends l'autoroute longeant les lacs plutôt que l'autoroute traditionnelle. Pour le paysage mais aussi pour le dénivelé (300 m contre 1000 m donc je peux bien faire quelques kilomètres de plus !)

Effectivement Chris avait raison, le paysage est vraiment magnifique. Bien que je ne sois jamais allé en Écosse, ça y ressemble énormément avec ces grands lacs et les vallées. 

La première partie de cette journée est relativement calme et agréable. La seconde partie est d'un tout autre type. Je me bats tout au long des 40 km restants contre le vent de face. C'est vraiment éprouvant et frustrant de pédaler contre le vent, à tel point que je suis obligé de pédaler dans les descentes pour que mon vélo ne s'arrête pas. Après avoir vécu ma journée la plus horrible lors de la semaine précédente, celle-ci n'est pas mal non plus. Mais encore une fois, les paysages et le cadre me font oublier la douleur dans les jambes et j'arrive à Knutsford pour la nuit. 

Jour 9 : Knutsford => Kamloops

 

Après plus d'une semaine à faire du vélo non stop, je me dis que c'est amplement mérité de faire une journée off et d'en profiter pour récupérer. Je rejoins donc Kamloops en quelques dizaines de minutes et je rejoins ma chambre d'hôtel. Kamloops est la première grande ville depuis Vancouver, j'en profite également pour faire le plein de nourriture et acheter les derniers éléments manquants, notamment la Go Pro Hero 7 Black. En effet, j'avais déjà une PNJ, équivalent français de Go Pro, mais lorsque je filme, les vibrations du vélo rendent la vidéo illisible. Du coup, je vais essayer la Go Pro si elle compense ces vibrations.

Qui dit grande ville, dit également restaurant. Je mange donc une excellente poutine pour faire le plein d'énergie

Jour 10 : Kamloops => Barriere - 71 km

 

C'est reparti pour un tour. Mon idée initiale était de prendre un bus pour rejoindre Kelowna puis de rejoindre Banff en vélo mais le dénivelé me traumatise toujours, du coup j'opte pour rejoindre Jasper puis redescendre vers Banff après. En plus ça me permettra d'arriver pile à temps pour rejoindre mes parents. Du coup direction le nord !

Je choisis encore une fois de prendre une route parallèle à l'autoroute pour être au calme et ne pas être dérangé par les camions. Choix que je ne regrette pas puisque je passe la moitié de mon étape sur un sentier et j'y ai aperçu plusieurs familles de biches. Ce sont les premiers animaux que je rencontre, donc c'est assez important pour que je le précise ! 

La route est un sentier vallonné. En arrivant en haut d'une de ces vallées, je rencontre un homme dans son pick-up qui me rassure en me disant que le reste de la route est plat.

C'est reparti, direction Barriere. C'est une ville plutôt morte, avec quelques motels faisant office de campings également ainsi qu’ une station service. Une fois arrivé, je m'essaye à faire des pâtes au curry et je vous assure que c'est quelque chose à ne jamais refaire. Je suis obligé d'aller acheter une glace pour faire passer ce goût immonde. 

 

Jour 11 : Barrière => Clearwater - 71 km

 

Je continue ma traversée vers le nord. Le temps est plutôt clément pour le moment puisque je n'ai toujours pas eu de grosse journée de pluie et je suis même arrivé à avoir des coups de soleil ! 

Je vois au loin les montagnes des Rocheuses qui se rapprochent. J'ai vraiment hâte d'y être et de pouvoir les contempler pendant que je ferais du vélo. 

J'arrive assez rapidement sur le camping au bord du Dutch Lake, et ironie de la chose, en ce 27 avril, c'est la fête du roi aux Pays-Bas, dont ma mère est originaire. En dehors du nom, le lac est vraiment beau avec ces montagnes qui le surplombent et le coucher du soleil qui se reflète.

Jour 12 : Clearwater => Avola - 50 km

 

Comme chaque jour, après avoir remballé toutes mes affaires, je regarde ma prochaine destination. Comme je n'ose pas encore faire du camping sauvage, je m'arrête dans des villes où il y a un camping, ou dans le pire des cas, un hôtel. Aujourd'hui ça sera la ville d'Avola qui est à une parfaite distance pour moi, car les jambes commencent vraiment à devenir lourdes à force de faire du vélo tous les jours. 

Une fois mes 60 km terminés, je cherche le camping dans une ville encore plus morte que Barrière. Impossible de le trouver et avec aucun réseau, je ne vais pas m'amuser à faire tous les coins de la ville donc je prends les devants en allant demander à un restaurant. Le gérant Larry me dit alors que le camping n'a ni toilettes ni douche et me conseille donc de dormir au fond de son jardin pour la nuit. 

Proposition que j'accepte volontiers !

Une fois douché et installé je le rejoins pour prendre une bière (ou deux) devant le match de hockey sur glace. Larry me présente à son ami comme l'homme au vélo !!

La faim s'installe et ça tombe bien, Larry fait, selon lui, les meilleurs burgers. Eh bien, je ne sais pas si c'est parce que ça faisait longtemps que je n'en avais pas mangé et que j'ai très faim mais c'est un des meilleurs burgers que j'ai mangé depuis longtemps ! 

Le sommeil me guette vraiment tôt depuis que j'ai commencé ce trip, je les abandonne donc pour rejoindre ma tente.

Jour 13: Avola => Bone Creek - 61 km 

 

Au réveil, je rejoins les deux canadiens pour le petit déjeuner et je me dis que ça fait du bien de prendre enfin un vrai petit déjeuner avec des toasts, un thé et du jus de fruit. Larry est vraiment aux petits oignons avec moi, son friend. Je le redis mais les canadiens sont vraiment très conviviaux et très généreux. 

Je roule direction Blue River, plus précisément Bone Creek sur les conseils de Larry. La route est vraiment somptueuse, il y a de plus en plus de hauts sommets enneigés. Il y en a tellement que j'ai envie de m'arrêter à chaque kilomètre pour les prendre en photos. 

Je rejoins Blue River assez rapidement, pile à l'heure du déjeuner. Une fois mes samoussas et ma glace finis, il me reste 20 km à parcourir pour rejoindre Bone Creek. 

Le "camping" de Bone Creek est assez atypique puisque c'est le jardin des propriétaires qui fait office d'emplacement pour les tentes. 

Malheureusement, pas de douches chaudes comme me l'avait dit Larry, j'ai dû prendre une douche avec mon camel bag, et je ne vais pas vous mentir, ce sera pas la douche la plus agréable de mon séjour. Mais bon encore une fois, quelle vue depuis ma tente. 

Je rencontre la propriétaire qui qualifie mon projet de fou et me fait une réduction sur le prix comme je suis le premier campeur de la saison, preuve que je suis parti un peu trop tôt à l'aventure...

 

Jour 14 : Bone Creek => Valemount - 80 km

 

La nuit fut une nouvelle fois fraîche et rythmée par les passages des trains puisque les rails se trouvent à quelques dizaines de mètres de ma tente. Une longue journée m'attend avant de rejoindre Valemount, dernière ville avant d'entrer dans les Rocheuses. Je mange des œufs cuits venant directement de la ferme pour faire le plein de protéines et c'est parti. 

Comme je l'avais pressenti, la route est longue et compliquée notamment à cause du vent de face. Cela fait maintenant 3 jours que le vent vient du Nord et je l'affronte sans cesse pour terminer mes étapes. Mais je commence à entrer dans les Rocheuses puisque la ville de Valemount est encerclée de montagnes.

 

À mon arrivée, j'ai même eu le droit à quelques flocons de neiges me rappelant que le temps risque d'être froid pour les prochains jours. Heureusement que cette nuit je vais dormir à l'hôtel pour récupérer du temps de sommeil perdu les jours précédents. La traversée des Rocheuses va être longue et compliquée, il faut que je sois le plus en forme possible pour réussir cette dernière étape avant d'arriver aux plaines canadiennes.