Cela fait déjà une semaine que j'ai commencé mon aventure canadienne et que dire de cette aventure...

 

Jour 1 : 

Point de départ : Charles de Gaulle. Après avoir quitté mes parents à l'entrée du terminal 2E, j'attends mon avion pour la direction de Vancouver. Le voilà, l'embarquement commence, et la pression monte. Les messages de soutien de mes proches me donnent de la force pour cette aventure hors norme. 

 

 

Les 10 heures d'avion passent plutôt vite, entre les films , les discussions avec Pierre et Capucine, deux français allant à la rencontre des ours polaires, et les paysages extraordinaires.

Une fois arrivé à mon logement, première chose à faire, déballer et remonter mon vélo. Chose faite et non sans difficulté. Avec le décalage horaire et l'heure déjà tardive, mes premiers pas dans la cité canadienne se font en direction du chemin que je vais prendre trois jours plus tard, histoire de faire un repérage.

 

Jour 2 : 

Le décalage horaire fait son effet, je me retrouve réveillé à 4 heures du matin en entendant la pluie diluvienne qui se déverse dans la ruelle. Çà annonce une belle journée pluvieuse ce bruit. Hop, petit déjeuner pris, je prends mes affaires, qui seront bien testées avec ce temps, et je vais en direction d'un magasin de camping pour effectuer mes derniers achats : le réchaud et quelques plats. 

La pluie est toujours aussi forte et intense, difficile de visiter la ville dans ces conditions, je ne l'apprécierai pas. En rentrant à pied, je passe par East Village, quartier en pleine reconstruction et peuplé de brasseurs artisanaux. Comme bon amateur de bière, je m'arrête forcément pour en goûter une ! 

Déjà une journée qui s'achève. Le temps devrait être plus clément demain, je vais pouvoir profiter de ma dernière journée pour visiter la ville. 

Jour 3 : 

Dès le lever, je décide d'aller essayer mon vélo, m'assurer si je l'ai bien remonté quand même. Ça serait dommage de perdre du temps demain pour le grand jour ! Je profite de ce test pour aller m'acheter les dernières provisions pour débuter mon périple. 

Le soleil apparaît enfin sur la ville, je prends le bus pour me rendre au Downtown et errer dans les rues de la ville.  Je me retrouve rapidement sur les quais de la baie. Cette dernière est bordée d'une piste cyclable le long avec de nombreux parcs. C'est vraiment agréable sous ce beau temps de se balader, puis observer les Vancouverois(es) profiter de ce jour férié pour jouer au volleyball, faire le footing... En marchant, je me retrouve devant un des plus beaux spots pour observer la skyline de la ville dessinée par les immeubles. 

Mon coup de cœur de la ville reste tout de même l'ile de Granville, qui apparaît comme une zone délabrée aux premiers abords mais qui s'avère être un énorme marché où l'on retrouve toutes sortes de cuisines. J'opte pour un burrito (pas très canadien je sais !) histoire de me réchauffer et de me maintenir jusqu'à la fin de la soirée. 

Ma passion pour les skylines de nuit n'est pas une nouvelle, je continue d'errer dans la ville pour attendre que les lumières s'illuminent. Pour faire passer le temps, quoi de mieux que de regarder un coucher de soleil. Malgré le vent glacial, j'apprécie de voir la teinte rouge du ciel.

C'est parti, je retourne au point que j'avais repéré quelques heures plus tôt. Aucune déception, j'en prends plein les yeux que même mon appareil photo ne peut retranscrire. 

C'est pas tout, mais demain c'est une grande journée et j'ai déjà marché plus de 40 km en deux jours, il va falloir que je me repose.

Jour 4 : Vancouver => Abbotsford - 85 km

‘C'est le grand jour !’ : voilà les premiers mots que m'a dit mon hôte en se levant. Il est limite aussi impatient que moi. Même remarque de la part des gérants du restaurant où je vais prendre mon petit déjeuner. Le stress commence à monter, je me rends compte que le projet dans lequel je me suis lancé n'a rien de commun et encore moins en solitaire. 

10 heures, c'est l'heure de monter sur mon vélo. Je fais une photo avec Azibo, mon hôte de Vancouver, qui veut immortaliser ce moment et je donne les premiers coups de pédales. C'est parti pour 3 mois, de joie, de galère, de solitude, de rencontres.

Je m'arrête très rapidement pour immortaliser mon moment, une photo avec le panneau "TransCanadaTrail"

Je me trompe de chemin très rapidement, c'est ça de vouloir faire confiance à son instinct et pas à Maps... C'est pas grave, il fait beau et je ne sais pas où je vais dormir donc je ne suis pas pressé. 

Je me retrouve rapidement sur une autoroute, où la bande d'arrêt d'urgence fait office de piste cyclable. Je trouve cela étrange mais les panneaux "Bike Route" indique bien ce chemin. A mi chemin de mes 80 km prévus, je me retrouve sur une route bien plus agréable, à travers des champs de fermes canadienne. Même si il y a toujours du trafic, il n'y a plus de camions qui m'aspire lorsqu'ils passent, c'est déjà ça.  

C'est reparti après la pause déjeuner, quelques mètres et je m'arrête de nouveau. C'est la chute. Ma roue avant se coince dans les rails de chemins de fer et me fait tomber. Quelques égratignures sur mon côté gauche mais plus de peur que de mal. J'aurais été content d'avoir un bras cassé dès le premier jour ! 

Le Canada me fait quand même penser aux Etats-Unis, avec les gros pick up, les villes au style ranch, et les grandes fermes. 

Il est temps de rechercher un endroit où dormir. Un seul camping dans les 30 km aux alentours mais il n'est pas encore ouvert pour les tentes. Comme je suis en vélo, je suis privilégié et me voilà une heure plus tard  avec ma tente plantée dans un cadre splendide.

Jour 5 : Abbotsford => Hope - 95 km

 

Réveil matinal, les nuits sont plus fraîches que prévues. Mais ça va me permettre de partir tôt car aujourd'hui c'est une grande étape de 95 km. Je remballe tout en une trentaine de minutes, 9h c'est parti ! Il faut remettre la machine en route. C'est la première fois que j'enchaîne deux grandes distances sur deux jours consécutifs. J'appréhende mais je me sens bien. La vue des montagnes m'occupe pendant l'effort et j'en arrive même à oublier que je suis sur une autoroute. 

Journée assez tranquille, beaucoup d'autoroute et je rejoins rapidement la ville de Hope après 95 km. Demain risque d'être beaucoup plus compliqué physiquement et mentalement. Quelques étirements puis je mange mon repas lyophilisé et au lit. 

 

Jour 6 : Hope => Parc de Coquihalla - 51 km

 

Rien que d'écrire ces quelques lignes, j'en ai des frissons. Quelle journée difficile, je n'ai jamais été aussi loin dans les réserves et me sentir aussi seul. 

Départ comme toujours à 9h, pour ne pas arriver trop tard, sous le soleil. C'est le seul moment agréable de la journée. L'étape commence directement par une petite montée légère que je passe sans grande difficulté.

Les choses se gâtent rapidement, puisque je vois la route monter à ne pas en voir le bout. En plus de cela, le beau temps est parti et voilà que le pluie arrive. Cette journée va être une vraie journée test pour le mental. 

Je m'arrête beaucoup plus souvent que les précédents jours, mes jambes ont du mal à gravir les côtes. Je fatigue rapidement. Je marche même souvent avec mon vélo pour dégourdir les cuisses. 

Même les camions ont du mal à monter cette montée et me recrachent toutes leurs vapeurs d'échappement en passant à côté de moi. Parce que oui, histoire de rajouter de la difficulté, je suis sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute. Exténué, j'essaye même de faire du stop pour achever cette étape plus rapidement, mais en vain, aucune voiture ne s'arrête. 

Après 6 heures d'effort, j'arrive enfin au lodge, seul endroit pour dormir de tout le parc. J'y rencontre Chris, le gérant de l'établissement, avec lequel je passe de nombreuses heures à parler de tout et de rien. Il m'apprend d'ailleurs que la montée que je viens d'effectuer fait l'objet d'une émission TV qui retrace tous les accidents de camion et autres. C'était vraiment une folie cette étape. Mais me voilà enfin arrivé dans un cadre magnifique.

Jour 7 : Coquihalla => Merritt

 

Suite à cette étape et avec les conseils de Chris, je change mes plans et je vais en direction de Merritt. 

Après une bonne nuit au chaud, je me sens de nouveau en forme, prêt à attaquer une étape de 60 km. 

La première partie est encore de l'autoroute mais cette fois ci en descente beaucoup plus simple. Je me retrouve à mi-chemin sur une route qui longe l'autoroute mais avec beaucoup moins de trafic.

 

En empruntant cette route, je passe d'ailleurs par des villages d'autochtones, peuplant une partie de la région. Je prends vraiment du plaisir à rouler ce jour-ci, les paysages sont vraiment magnifiques et je peux m'arrêter dès que je le souhaite pour profiter de cette vue et l'immortaliser avec mon appareil photo, même si la photo ne pourra jamais retranscrire l'effet que ça fait à mes yeux. 

Je pose ma tente dans un camping, le long de la rivière Coldwater et je pars manger un plat chaud en ville. J'opte pour un choix original, un burger.

Dans ce pub, je rencontre Dean et Rayna, deux canadiens de mon âge environ, qui sont très intéressés par mon projet. La discussion tourne rapidement vers d'autres sujets : les autochtones, la cathédrale de Notre Dame et la politique. Je suis d'ailleurs étonné par Dean qui connait parfaitement notre politique et son fonctionnement. Je ne saurai en dire autant sur la politique du Canada... 

 

En résumé, une belle première semaine que je résumerai en deux mots : début du projet et rencontres. Cette première semaine est celle du début de mon projet et elle restera très certainement à jamais gravée dans ma mémoire. Et cette première semaine a aussi été rythmé par les rencontres. Les canadiens sont vraiment des personnes très ouvertes, très friendly. Ils ont le contact facile et sont vraiment intéressés par ce que tu racontes. 

La suite la semaine prochaine !